Relatifs

La classe des relatifs groupe une série de pronoms, simples et composés, et une série, peu usitée, de déterminants. Les mots dont et fonctionnent comme équivalents d’un syntagme constitué par une préposition et un pronom relatif. Morphologiquement, les éléments relatifs sont, à la réserve de dont et , construits sur une base de forme qu-, qu’ils ont en commun avec les mots interrogatifs et exclamatifs. Toutefois, l’opposition des formes fléchies qui, que et quoi est utilisée de façon différente selon que les pronoms fonctionnent comme nominaux (relatifs sans antécédent et interrogatifs) ou comme représentants (relatifs avec antécédent).

À chaque sous-classe de pronoms correspond une sous-classe de déterminants. Cette règle générale doit être nuancée pour les relatifs. En effet, il existe bien une sous-classe de déterminants relatifs : j’ai acheté hier une voiture, laquelle voiture est tombée en panne aujourd’hui. Mais l’emploi de ce déterminant relatif est insolite : comme déterminant, il implique la présence d’un nom déterminé ; comme relatif, il implique un antécédent : d’où la répétition du nom. Il suffit toutefois que le référent soit désigné successivement par deux noms différents pour que l’emploi du déterminant relatif paraisse plus acceptable : j’ai acheté une voiture, lequel véhicule est tombé en panne. On se contentera de signaler l’existence marginale de ces formes qui, morphologiquement, se confondent avec celles du pronom relatif composé.

Les pronoms relatifs

Comme la plupart des autres pronoms, ils fonctionnent alternativement comme représentants et comme nominaux. Quand ils sont employés comme représentants, l’opposition de leurs formes se fait selon le modèle suivant :

1. Formes simples

Les relatifs simples utilisés comme représentants ne marquent ni l’homme l’opposition des genres : (l’homme / la femme) qui travaille, ni celle des nombres:

(l’homme / les hommes) que j’ai vu(s). L’opposition humain/non animé n’apparaît que pour les compléments prépositionnels : la femme à qui je pense, le travail à quoi je pense. Toutefois la langue moderne préfère, notamment dans le second exemple, le relatif composé (le travail auquel je pense), réservant l’emploi de quoi aux cas où l’antécédent est lui aussi pronominal : ce à quoi je pense. En revanche, l’opposition des fonctions est manifestée par la différence entre qui, sujet, et que, complément d’objet et attribut : le professeur que je vois, que je suis.

La forme dont est l’équivalent d’un groupement de qui ou de quoi, quelle que soit la fonction de ce groupement : complément d’un nom dans : la grammaire dont j’ai remarqué les erreurs ; complément indirect du verbe dans : le libraire dont je t’ai parlé, voire complément d’agent du verbe passif dans : le coup dont j’ai été frappé. L’élément nominal qui a pour complément dont ne peut pas, en principe, être précédé d’une préposition : on préfère l’escalier sur les marches duquel je suis assis à l’escalier dont je suis assis sur les marches.

L’élément fonctionne comme équivalent d’un groupement : préposition de sens local ou temporel + relatif : la ville où j’habite, le moment où tu es là. Comme complément de lieu, peut être précédé par de : l’endroit d’où je viens. Dans la langue classique, l’antécédent de pouvait, contrairement à l’usage moderne, être humain.

2. Formes composées

Elles sont construites à l’aide des formes du déterminant quel (par ailleurs utilisé comme interrogatif) nominalisées par l’article défini. Elles marquent donc l’opposition des genres (lequel, laquelle) et des nombres (lesquels, lesquelles). Dans les mêmes conditions que l’article défini, elles se contractent avec les prépositions à (auquel, auxquels, auxquelles) et de (duquel, desquels, desquelles).

L’emploi de ces formes se fait selon les règles suivantes :

— après une préposition, la langue moderne préfère la forme composée, surtout quand l’antécédent est non animé (voir l’exemple cité plus haut) ;

— sans préposition : la forme composée est susceptible d’être utilisée comme sujet (exceptionnellement comme complément d’objet ou attribut), mais exclusivement dans les cas où la relative est appositive ; on observe surtout cet emploi quand la forme composée, par ses marques de genre et de nombre, permet d’éviter une ambiguïté : la femme du directeur, laquelle fait du cinéma, a beaucoup de succès. On remarquera que l’emploi de laquelle présuppose que le directeur n’a qu’une seule femme. Il en irait autrement de qui, qui sauvegarderait la possibilité de la polygamie. Cette limitation d’emploi de la forme composée aux relatives appositives s’explique par la présence de l’article défini, qui est inapte à modifier la quantification du nom représenté.

Quand les relatifs sont utilisés comme nominaux, c’est-à-dire sans antécédent, les formes (qui ne peuvent alors être que simples) se répartissent selon le même modèle que les formes du pronom interrogatif. Ainsi la forme qui fonctionne indifféremment comme sujet (qui m’aime me suive), comme attribut : restez qui vous êtes, ou comme objet (choisissez qui vous voudrez), mais exclusivement pour les êtres humains. La forme que est réservée aux non animés, mais uniquement comme complément de l’infinitif : je n’ai que faire. Enfin la forme quoi est utilisée comme complément prépositionnel pour les non animés : c’est à quoi nous pensons. Il s’agit d’un relatif dit de liaison.

Le relatif « indéfini » quiconque fonctionne, pour les animés, comme sujet d’une proposition relative sans antécédent : quiconque a beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu. Mais quiconque peut aussi s’utiliser, en dehors de toute relative, avec le sens de « n’importe qui » : je le sais mieux que quiconque. Dans cet emploi, le pronom quiconque a comme correspondant adjectival l’élément quelconque.

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