1. Les groupes de mots dans la phrase verbale

Sous le soleil, qui se trouvait au milieu du ciel, il prit la main de Marthe et tous deux s’engagèrent dans le sentier. Au bout, près d’un églantier, François fut saisi d’un tel sentiment de bonheur qu’il s’arrêta. Une maison se dressait parmi les pins. Carrée et posée sur le flanc de la colline qui descendait vers la mer. Elle n’avait pas de portes, pas de fenêtres. Des trous déchiraient son toit de tuiles. Mais ses trois arcades rondes étaient parfaites.

Jacqueline MASSABKI, François POREL, La Mémoire des cèdres, Robert Laffont.

1. Repérez toutes les phrases de ce texte. Par quoi commencent-elles ? Par quel signe se terminent-elles ?

2. Relevez les phrases qui contiennent un seul verbe conjugué.

3. Relevez les phrases qui contiennent plusieurs verbes conjugués.

4. a. En combien de groupes pouvez-vous diviser les phrases « Une maison se dressait parmi les pins » ; « Des trous déchiraient son toi de tuiles » ?
b. Quel groupe pouvez-vous déplacez ou supprimer ?
c. Quels groupes sont essentiels à la compréhension du sens des phrases ?
d. Quel rôle jouent les divers groupes de la phrases « une maison se dressait parmi les pins » ?

a. Mise au point

La phrase verbale écrite commence toujours par une majuscule et se termine toujours par un point. Elle est constituée d’un ou de plusieurs verbes conjugués. Elle comprend une ou plusieurs propositions.
La proposition est un ensemble de mots ou de groupes de mots qui s’organisent autour du verbe. Chaque mot ou groupe de mots a une fonction (un rôle) par rapport à d’autres mots de la phrases.
Certains mots ou groupes de mots sont des constituants essentiels ; on ne peut ni les supprimer, ni les déplacer. D’autres sont facultatifs, ils peuvent être déplacés ou supprimés sans empêcher la compréhension du sens de la phrase.
Ex. De la terrasse, il voyait la mer, il voyait la mer de la terrasse. Il voyait la mer.

2. La fonction sujet

a. Identifier le sujet

Sur la terrasse, à l’abri des arcades, Georges et Vérone Nader 3 étaient installés sur des chaises pliantes. Ils fixaient l’horizon. C’était, pensa François, comme une vision déjà vue. Il sentit son cœur suffoquer. Plus bas, dans les herbes folles, Maddoul piquait la viande sur des brochettes. Émile et Joseph étendaient la nappe. Farès disposait les pierres pour le feu.

Jacqueline MASSABKI, François POREL, La Mémoire des cèdres, Robert Laffont.

1. De qui parle-t-on dans les deux premières phrases ? Quel groupe de mots les désigne ? Quelle est sa fonction dans la phrase ?
Quelles informations nous donne-t-on sur ces personnes ?
Peut-on supprimer certaines de ces informations ?

2. Quels groupes de mots peut-on encadrer par l’expression « c’est … qui » ?

3. Quel mot remplace « Georges et Vérone » dans la deuxième phrase ? Quelle est sa fonction ?

4. Réécrivez les deux premières phrases en ne citant que « George ». Quelles modifications avez-vous dû effectuer ? Pourquoi ?

5. Dans la phrase « Venez manger ! » pourquoi n’y a-t-il pas de sujet ?

Mise au point

Le sujet est le thème de la phrase, ce dont on parle.
Ex. Maddoul (celle dont on parle) piquait la viande.
Pour trouver le sujet on peut employer le présentatif « c’est … qui », « ce sont … qui »,
ou le remplacer par «il », « elles », « ceci », etc. Ex. C’est Maddoul qui piquait la viande.
Le sujet impose au verbe les marques d’accord en nombre et en personne.
Ex. Elle le regarda. Ils le regardèrent.
Il impose de plus l’accord en genre, si le verbe est conjugué avec l’auxiliaire « être ».
Ex. Elle était née à Gemmayzé.
Lorsque le verbe est conjugué à l’impératif, le sujet n’est pas exprimé. Ex. Venez mangez !

b. La place du sujet

François laissa passer Marthe devant lui. Il se glissa dans la maison. Il s’y enfonça. Il s’y perdit. […] Il allait et venait, il s’arrêtait devant une fenêtre inachevée d’où l’on voyait la mer entre les pins.
– C’est trop beau …, murmura-t-il.

Jacqueline MASSABKI, François POREL, La Mémoire des cèdres, Robert Laffont.

1. Repérez les verbes et leur sujet. Où le sujet est-il placé en général ? Dans quel cas est-il inversé ?

2. Imaginez une question qu’aurait pu se poser François en se promenant. Écrivez-la. Où avez-vous placé le sujet ?

Mise au point

En général, le sujet précède le verbe, mais il peut aussi être placé après le verbe. On dit alors qu’il est inversé ou postposé. Ex. Dans cette maison, vivaient de nombreux oiseaux.
Le sujet est inversé :
– dans les phrases interrogatives. Ex. cette maison est-elle à vendre ? Pourrais-je acheter cette maison ?
– dans les propositions incises. Ex. Mon Dieu, dit François, qu’elle est belle !
– quand une phrase commence par un complément circonstanciel ou par certains adverbes (peut-être, sans doute, ainsi, aussi, encore). Ex. Ainsi passèrent les journées.

c. La classe grammaticale du sujet

On passa à table. Durant le repas, François ne put se distraire de la pensée qui l’occupait : la maison.

Jacqueline MASSABKI, François POREL, La Mémoire des cèdres, Robert Laffont.

1. Relevez les sujets de ces phrases. À quelle classe grammaticale appartiennent-ils ?

2. Terminez la phrase suivante : « acheter cette maison serait … »
Quelle est la nature du sujet dans cette phrase ?

Mise au point

Le sujet peut être :
un nom ou un groupe nominal. Ex. Le jeune François caressait les pierres ;
un pronom. Ex. il allait et venait ;
un infinitif ou un groupe infinitif : Ex. Vivre là lui paraissait impensable ;
une proposition subordonnée. Ex. Qui vivra verra. Qu’il veuille acheter cette maison leur semblait une folie.

3. Exercices

a. Les groupes de mots dans la phrase verbale

1. Lisez ce texte puis répondez aux questions.

Les enfants mirent leur crayon entre les dents et regardèrent au plafond pour voir si, par un petit trou, l’oiseau de l’inspiration n’allait pas descendre vers eux. Pedro suçait avec force le bout de son crayon, mais il n’en sortit pas le moindre mot. […] Leiva, son voisin de table, était en train de se ronger les ongles un ç un.

Antonio SKÁRMETA, Le Cycliste de San Cristobal, Seuil.

a. Combien y a-t-il de phrases ?
b. Combien y a-t-il de propositions dans chacune des phrases ? Y a-t-il un verbe dans chaque proposition ?
c. Réduisez chaque phrase au minimum. Quelles indications donnaient les groupes de mots que vous avez pu supprimer ?

b. La fonction sujet

1. Identifier le sujet

2. Relevez les sujets des différentes phrases de ce texte. Quels sont les deux « thèmes » principaux de ce texte ?

Je me suis réveillé, le cœur battant et les mains moites. La chose était là, sous mon lit, vivante et dangereuse. Je me suis dit : « Surtout ne bouge pas ! Il ne faut pas qu’elle sache que tu es réveillé. » Je la sentais gonfler, s’enfler et étirer l’un après l’autre ses tentacules innombrables. Elle ouvrait la gueule, maintenant, et déployait ses antennes. C’était l’heure où elle guettait sa proie. Raide, les bras collés au corps, je retenais ma respiration en pensant : « Il faut tenir cinq minutes. Dans cinq minutes, elle s’assoupira et le danger sera passé. »

Bernard FRIOT, Histoires pressées, Milan.

2. La place du sujet

3. Relevez les sujets inversés et expliquez pourquoi ils le sont.

1. Quelle mauvaise journée ! s’exclama ma mère.
2. Peut-être a-t-elle eu un accident ?
3. Sur le bateau flottait un drapeau noir
4. Dès qu’apparurent les noirs chevaliers, un silence de mort s’installa
5. Pourquoi n’est-elle pas encore arrivée ? Sans doute l’avons-nous ratée.
6. Je ne te parlerai plus, s’écria-t-elle avant de me quitter.
7. Au fond du vallon, se dressait une grande carrée.

4. Repérez les groupes sujets puis commentez leur place dans la phrase.

On célébrait la fête nationale. Dans les tribunes s’étaient installées les personnalités politiques. L’armée défila en rangs serrés. En tête de la colonne caracolaient quatre cavaliers, les chars suivaient, étincelants et féroces. Plus loin venaient les canons. Enfin, dans un bruit assourdissant, les avions passèrent triomphants. « Vive le Liban ! » s’écrièrent certains spectateurs.

5. Complétez ces phrases en ajoutant un sujet de votre choix. Attention à l’accord sujet/verbe.

1. Iras- directement au bureau ou vas passer par la pharmacie ?
2. Comment a-t- pu s’échapper alors que étaient fermées ?
3. Les enfants se moquent- toujours de lui ?
4. « Ce n’est pas possible » s’exclama-t- en riant.
5. Mais où est- ? Sans doute a-t- eu peur qu’on la gronde.

3. La classe grammaticale du sujet

6. Relevez les sujets et indiquez leur classe grammaticale.

1. Tous ses amis se sont retournés pour le regarder : certains n’en croyaient pas leurs yeux, d’autres le regardaient en colère.
2. Crier ne servirait à rien, aussi finit-il par se taire.
3. Marie et Fadi, vous n’êtes pas assez attentifs, leur dit leur professeur. Qui veut aller loin ménage sa monture.
5. Auras-tu besoin de moi ? Si oui, dis-le-moi.
6. Que tu veuilles tout vendre et partir est très étonnant.

7. Réécrivez les phrases suivantes en ajoutant, pour chaque verbe, un sujet appartenant à la classe grammaticale indiquée entre parenthèses.

1. (nom commun) est toujours ouvert
2. (pronom personnel) ne savent comment répondre à ses provocations.
3. (verbe à l’infinitif) occupait tout son temps.
4. (subordonnée relative) était très étonnant.
5. (groupe nominal) est devenue insupportable.

8. a. Relevez les différents sujets de ce poème.

La fenêtre est ouverte. Et monte le silence.
Du cœur des fleurs, du cœur de l’ombre jusqu’à nous
Qui, pensifs, l’écoutant venir à pas très doux
Du fond de notre obscure et grave conscience.

Francis CARCO, La Bohême et mon cœur, Albin Michel.

b. Quelle est leur classe grammaticale ?

Lire aussi :

Article 1: LES FONCTIONS DANS LA PHRASE (2)

Article 2: LES FONCTIONS DANS LA PHRASE (3)

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