Le présent de l’indicatif

1. Conjugaison

Un enfant de onze ans se jette dans les bras de David Beckham qui lui répond par un baiser. Cela ne fait pas partie du scénario prévu. Les spectateurs applaudissent à tout rompre.

Frédéric HERMEL,
L’Équipe, N 17910, jeudi 3 juillet 2003.

1. Quel est le temps utilisé dans ce texte ?

2. À quel groupe appartient chacun des verbes ?

3. Quelles sont les terminaisons de la 3e personne du singulier ?

4. Quelle est la terminaison de la 3e personne du pluriel ?
Change-t-elle selon les groupes ?

a. Mise au point

Les terminaisons du présent de l’indicatif sont :

SINGULIER

Personne1er gr.2e gr.3e gr.
je-e-s-s
tu-es-s-s
il/elle-e-t-t ou -d

PLURIEL

PersonneTous les groupes
nous-ons
vous-ez
ils/elles-ent

Attention ! les verbes « ouvrir », « cueillir », « offrir » et leurs dérivés se conjuguent au présent comme des verbes du 1er groupe.
Quelques difficultés :
– les verbes en yer changent le « y » en « i » devant un « e » muet.
Ex. Essuyer : j’essuie. Nettoyer : tu nettoies.
– les verbes en -eler et -eter doublent leur consonne devant un « e » muet.
Ex. Appeler : j’appelle. Jeter : je jette.
Les verbes « acheter »,  « haleter », « déceler », « modeler », « peler », « geler » et « ciseler » sont des exceptions. Ils ne doublent pas leur consonne, et le « e » prend un accent grave.
Ex. Déceler : je décèle. Acheter : j’achète.
– à la 1er personne du pluriel les verbes en -cer s’écrivent avec un « c » cédille et les verbes en -ger s’écrivent avec un « e » muet. Ex. Commencer : nous commençons. Manger : nous mangeons.
– les verbes « pouvoir », « vouloir » et « valoir » s’écrivent avec un « x » aux 1er et 2e personnes du singulier. Ex. Vouloir : je veux. Valoir : tu vaux de l’or !
– les verbes en -indre et -soudre perdent le « d ». Ex. Peindre : je peins. Résoudre : je résous.
– les verbes en -aître et le verbe « plaire » (et ses composés) ont un accent circonflexe sur le « i » à la 3e personne du singulier. Ex. Naître : il naît. Déplaire : il déplaît à ses supporters.

2. Emplois

« j’ai toujours aimé le football. Bien sûr, j’aime ma famille et j’ai une vie merveilleuse, mais le football, c’est tout pour moi. Rejoindre le Real Madrid est un rêve devenu réalité. Merci. »

Frédéric HERMEL,
L’Équipe, N 17910, jeudi 3 juillet 2003.

1. Quelle est la valeur du présent dans ce texte ?

2. Quelle est la valeur du présent dans les phrases suivantes ?

a. David Beckham a une ravissante épouse.
b. Tous les jours, je regarde du football à la télévision.
c. Tous les mammifères ont des poumons.
d. Attends-moi, j’arrive dans deux minutes.
e. Le pharaon convoque ses scribes.

a. Mise au point

Le présent de l’indicatif est généralement utilisé pour exprimer des faits qui se déroulent au moment de l’énonciation. C’est le présent de l’énonciation. Ex. En ce moment je lis.
On l’emploie aussi :
pour décrire un état, une situation. Ex. Elle est jeune, elle est mariée.
pour exprimer des faits répétés ou habituels. Ex. Le soir, je raconte une histoire à ma fille.
pour exprimer une vérité générale. Ex. L’argent ne fait pas le bonheur.
Le présent de l’indicatif peut aussi exprimer :
un fait situé dans un passé proche. Ex. Il sort de chez le coiffeur ;
un fait situé dans un avenir proche. Ex. Il commence son traitement demain.
Il peut servir à évoquer un passé lointain pour le rendre plus vivant. C’est le présent de narration ou le présent historique. Ex. Le roi se lève et fait son discours.

3. EXERCICES

a. Conjugaison

1. Conjuguez les verbes suivants au présent de l’indicatif :
a. à la 1re personne du singulier et du pluriel.
b. à la 2e personne du singulier et du pluriel.

Prier – tuer – clouer – surprenante – blanchir – recevoir – paître – rayer – nettoyer – marquer – plonger – déplaire – pouvoir – boire – peindre – mettre – geler – projeter – rappeler – peler – cueillir.

2. Réécrivez ces phrases en conjuguant les verbes entre parenthèses au présent de l’indicatif.

1. Elle se (confier) beaucoup à sa sœur.
2. Il (peindre) lui-même sa chambre.
3. Ils (courir) souvent au bord de la mer.
4. Il (atteindre) des records.
5. Elle (appeler) les poules et les canards et ils (accourir) aussitôt.
6. Je (mourir) de faim, je (devoir) manger si je (vouloir) y arriver.
7. Les feuilles d’automne (tournoyer) dans le vent.
8. Il (haleter) au bout de deux kilomètres.

b. Emplois

3. Quelle est la valeur du présent dans chacune de ces phrases ?

1. Le mercredi matin, nous commençons notre journée par un cours de civisme.
2. Qui veut aller loin ménage sa monture.
3. Le chevalier brandit son épée et abat son ennemi.
4. Demain, je recommande la gym.
5. Voilà le facteur qui arrive.
6. Je ne vois pas mon père, vite finissons-en !
7. La nuit tous les chats sont gris.
8. Tous les jours, au petit déjeuner, je prends un jus d’orange.
9. Ce matin de 1916, les soldats sortent des tranchées et attaquent.
10. Je t’écris pour te dire que je t’aime.

4. Quel est l’effet produit par l’emploi du présent dans ce passage ? Justifiez votre réponse.

Je rêvassais sur mon lit lorsque soudain j’ai entendu des pas dans le couloir. Vite, je me lève, je prends mon arme et je me cache derrière le rideau. C’était mon frère qui rentrait sur la pointe des pieds.

5. Complétez ces phrases par des compléments circonstanciels :
a. qui donneront une valeur d’habitude ou de vérité générale au présent.
b. qui donneront une valeur de passé ou de futur proche au présent.

1. Je vais chez toi.
2. La pâtisserie ouvre.
3. Nous mangeons des pommes.
4. J’arrive.
5. Les chiens aboient.
6. Je termine mes devoirs.
7. Il ne ment pas.

6. Ce texte est écrit au passé simple. Réécrivez-le au présent de narration (attention, vous devez aussi utiliser un passé composé).

Alors, le petit roi et ses gens virent un étonnant spectacle. En trombe, la harde des éléphants débouchait sur le sommet du plateau. Les bêtes avaient hésité un moment, en face de la pente vertigineuse des rochers. Et tout à coup…

René GUILLOT, Le 397e Éléphant blanc, Nathan.

7. Rédigez un petit texte narratif au présent pour rapporter un fait divers. Vous pouvez aussi employer des verbes au passé composé.

8. Expliquez un phénomène de la nature en utilisant un présent de vérité générale :

arc-en-ciel – orage – tonnerre – phases de la lune – succession des saisons , etc.