Le plus-que-parfait et le passé antérieur

a. Pour elle, qui était et avait vécu à Gemmayzé, ce qui était au-delà de la place des Canons lui paraissait étranger.
b. Quand François eut terminé, il se leva.

1. Conjugaison

1. Relevez les verbes de ces deux phrases. Classez-les selon leur forme : simple ou composée.

2. Quels verbes expriment des actions accomplies (présentées comme terminées) ?
Ces verbes ont-ils une forme simple ou composée ?

3. Avec quels auxiliaires sont-ils formés ? À quel temps sont conjugués ces verbes auxiliaires ?

4. Observez les participes passés de ces verbes et expliquez leur accord.

5. Dans la phrase b, qu’exprime le verbe à la forme composée ?
Comment est-il formé ?

a. Mise au point

Le plus-que-parfait est formé de l’auxiliaire « être » ou « avoir » conjugué à l’imparfait et suivi du participe passé. Ex. J’avais trouvé. J’étais tombé.
Le passé antérieur est formé de l’auxiliaire « être » ou « savoir » conjugué au passé simple et suivi du participe passé. Ex. Elle eut trouvé. Elle fut arrivé.

2. Emplois

a. Elle était née et avait vécu à Gemmayzé.
b. Il pensait aux ouvriers qui avaient construit cette maison.
c. Dès qu’il eut terminé, il se leva et parla.

1. Dans ces phrases, quels verbes expriment des actions achevées, accomplies dans le passé ?

2. Quel verbe exprime une action antérieure à une autre en train de se faire ? À quel temps est-il ?

3. Quel verbe exprime une action antérieure à une autre présentée comme achevée ? À quel temps est-il ?

a. Mise au point

Le plus-que-parfait et le passé antérieur expriment tous deux une action achevée dans le passé.
Le plus-que-parfait s’emploie :
pour indiquer une action achevée, antérieure à un autre fait passé exprimé au passé simple, à l’imparfait ou au passé composé. Ex. Elle leur déclara qu’elle avait été placée dans une ferme ;
pour exprimer une action du passé, accomplie sans référence à un autre fait.
Ex. Il avait bu tout le chocolat.
Comme son nom l’indique, le passé antérieur exprime une action qui s’est déroulée avant (antérieur à) une autre, présentée comme achevée (au passé simple).
Ex. Quand elle eut fini ses devoirs, elle se leva.
Il est aussi employé pour exprimer une action vite achevée. Ex. Il eut vite fait de s’habiller.

3. EXERCICES

a. Conjugaison

1. Mettez les formes suivantes :
a. au plus-que-parfait ;     b. au passé antérieur.

Elle finit – il s’en alla – on voulait – elle s’habitua – nous nettoyâmes – ils arrivèrent – elles reçurent – il s’habilla – elle mangea – il dut – elle fit – ils montèrent – elle se leva.

2. Écrivez les verbes aux temps indiqués entre parenthèses.

1. J’ai perdu la bague que (acheter / p.q.p.) l’année dernière.
2. Il me dit qu’il (assister / p.q.p.) à la dispute.
3. Dès que la pluie (cesser/ p.a.), nous allâmes nous promener.
4. Quand ils (terminer / p.a.) leur discussion, ils se levèrent.
5. Tu (promettre / p.q.p.) de me prêter ta robe.
6. Lorsque la directrice (achever / p.a.) son discours, tout le monde la regarda en silence.

b. Emplois

3. a. Expliquez l’emploi des temps composés dans ce texte.

Sous le soleil qui illuminait les casques des hommes d’armes Lancelot reconnut bientôt les gens du roi Arthus, qui s’étaient rassemblés pour délivrer Messire Gauvain, et mis en marche, avant l’aube, vers la Tour Douloureuse.
Dès que le soleil eut bu la rosée, ils attaquèrent Karadoc le géant, qui ne rêvait que de sang et de carnage et qui était sorti à leur rencontre. Il était si grand et si fort qu’il commença par faire des ravages dans les rangs du roi Arthus. Soudain Lancelot le repéra à sa taille.

Laurence CAMIGLIERI, Contes et légendes des chevaliers de la table ronde, D.R.

b. Écrivez une courte suite à ce récit en employant au moins un plus-que-parfait ou un passé antérieur.

4. Faites de même pour ce texte.

Angela n’avait plus de père. Elle savait peu de choses sur cet homme disparu trop tôt. Sa mère lui avait simplement dit qu’il était mort d’un cancer foudroyant quand elle n’avait qu’un an. Silvia Maldini, la mère d’Angela, avait repris son nom jeune fille. Elle était secrétaire dans un garage automobile et menait une existence assez calme.

Michel AMELIN, La Mort du lion ailé, Bayard édition.

5. Mettez les verbes aux temps qui conviennent.

1. Je (revoir) un ami que j’(laisser) sans nouvelles depuis longtemps.
2. Élise rangea ses livres dans son cartable et (sortir) avec ses amies. Alors, elle (se rappeler) qu’elle (oublier) de dire quelque chose au surveillant. Elle (rebrousser) chemin.
3. Ils (crier) tant qu’ils n’(avoir) plus de voix.
4. Quand j’(vouloir) retirer de l’argent, je (s’apercevoir) que j’(oublier) ma carte bleue à la maison. Heureusement j’(prendre) mon chéquier.
5. Dès qu’il (rentrer) chez lui, il me téléphona pour me dire qu’il m’(laisser) de l’argent dans le tiroir du secrétaire.

6. a. Conjuguez aux temps qui conviennent les verbes de ce texte (ils sont donnés dans l’ordre) : prendre – choisir – déceler – faire venir.

Voilà bien longtemps que le chien cette étrange décision. Il de ne jamais plus parler à un homme qu’en répondant à la question précédente. Personne n’ jusqu’à présent son astuce. On des spécialistes, des vétérinaires psychologues

Alain SERRES, Histoires en chaussettes, Gallimard.

b. Imaginez une suite à ce texte en tenant compte des temps employés initialement.