Le hérisson et le loup

Une vigne s’étendait sur les pentes d’une montagne de l’Atlas 1, non loin d’ici. Elle était chargée de lourdes grappes de raisins bien mûrs. Le fermier l’avait entourée d’un mur pour la protéger, mais un tour avait été pratiqué dans ce mur et, un jour, par la brèche 2, se glissèrent un hérisson et un loup. Comme le fermier s’était endormi sous le soleil de l’après-midi, les deux amis purent se remplir le ventre tout à loisir 3.

Le hérisson, cependant, était un peu inquiet 4 de ne plus pouvoir sortir par le trou. Aussi vérifiait-il de temps en temps s’il pouvait toujours passer. Mais le loup mangeait, mangeait les raisins délicieux et léchait le jus sucré qui coulait de ses mâchoires.

Même le fermier le plus paresseux se réveille tôt ou tard et, quand ils l’entendirent venir, les deux animaux se précipitèrent vers le trou. Le hérisson s’y glissa assez facilement mais, quand au loup, il ne fallait pas y songer. Il avait mangé beaucoup trop de raisins.

Son ami lui souffla des conseils de l’autre côté du mur.

Étends-toi et fait mort. Voilà ! Mets-toi sur le dos, les pattes en l’air. Très bien ! Ne bouge plus !

Ah-ah-ah ! rugit le fermier en colère, voyant le loup. Alors, tu croyais pouvoir me voler mes raisins ? Eh bien, je t’ai attrapé ! Mais de quoi, de quoi ? Tu es mort ? Tu en as trop mangé ? Voilà qui est bien fait pour toi. Mais je ne veux pas de loup mort dans mon jardin.

Il prit alors le loup par la queue et le fit tournoyer au-dessus de sa tête jusqu’à ce qu’il prît de la vitesse et l’envoya par-dessus le mur. À peine le loup sentit-il le sol sous ses pattes qu’il s’enfuit le plus vite qu’il put. […]

Et maintenant, réfléchissez, dit Halaiki, êtes-vous des hérissons ou des loups ?

Le loup s’est montré très stupide 5, dit Ahmed. Je ne voudrais pas être comme lui. Mais …

Mais tu veux dire que tu ne serais peut-être pas aussi malin que le hérisson, n’est-ce pas ? C’est bien. Le fanfaron 6 est un imbécile.

Rabah BELAMRI, Contes d’Algérie, Castor Poche Flammarion.

1. ensemble montagneux de l’Afrique du Nord.
2. une ouverture faite dans un mur.
3. à leur aise, sans hâte.
4. qui est agité par la crainte, l’incertitude.
5. il a manqué d’intelligence, a agi comme un idiot.
6. celui qui se vante, qui veut faire croire à plus de capacités qu’il n’a.

1. D’ENTRÉE DE JEU

1. Quelles informations le titre de l’œuvre fournit-il ?

2. Quel est le nom de l’auteur de ce livre ?

3. De quel pays est-il originaire ? Justifiez votre réponse.

2. AU CŒUR DU TEXTE

1. Repérez dans ce texte la partie composée en caractères italiques. Pourquoi ce type de caractères est-il utilisé ici ?

2. a. D’après vous, qui est Halaiki ?
b. À qui parle-t-il ?
c. Par quels mots les interlocuteurs sont-ils désignés ?

3. Où commence et où s’arrête l’histoire ?

4. Relevez, dans la première phrase, les indications de lieu puis situez le récit sur une carte.

5. Que font le hérisson et le loup dans la vigne ?

6. « Le hérisson vérifiait de temps en temps s’il pouvait toujours passer. Mais le loup mangeait, mangeait les raisins délicieux. » Dégagez, à partir de ces deux phrases, le caractère du hérisson et celui du loup.

7. a. Pourquoi le loup n’arrive-t-il pas à sortir par le trou ?
b. Comment est-il sauvé ?

8. Où est formulée la morale du conte ?
Quelle leçon Ahmed tire-t-il de cette histoire ?

3. PARTIE D’ÉCRITURE

Le hérisson conseille au loup, qui n’arrive pas à sortir par le trou, de faire le mort.

Le fermier arrive et, croyant le loup mort, le prend par la queue et l’envoie par-dessus le mur.

Imaginez que le fermier découvre la ruse du loup. Racontez ce qu’il fait en cinq lignes environ. Garder le même temps et la même personne que ceux utilisés dans le texte.

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