Le dialogue dans le récit

1. Le dialogue

Et maintenant, réfléchissez, dit Halaiki, êtes-vous des hérissons ou des loups ?
Le loup s’est montré très stupide, dit Ahmed. Je ne voudrais pas être comme lui. Mais …
Mais tu veux dire que tu ne serais peut-être pas aussi malin que le hérisson, n’est-ce pas ? C’est bien. Le fanfaron est un imbécile.

Rabah BELAMRI, Contes d’Algérie, Castor Poche Flammarion.

1. Dans ce dialogue, qui parle à qui ? Quels mots désignent ces interlocuteurs ?

2. De qui parlent ces interlocuteurs ? À quel personnage le pronom « lui » renvoie-t-il ?

3. Quel mot précise le « moment » de la conversation ?

4. Classer les verbes selon leur temps et leur mode. Que constatez-vous ?

5. Quels types de phrases trouvez-vous ?
Dans quel registre de langue les personnages s’adressent-ils la parole ?

a. Mise au point

Dans un dialogue, les interlocuteurs sont à tour de rôle locuteur (celui qui énonce le message) et récepteur (celui qui reçoit le message).
Le locuteur se désigne par les pronoms de la première personne (je, me, moi).
Il désigne le récepteur par son nom ou par les pronoms de la deuxième personne (tu, te, toi, vous).
Quand la conversation porte sur d’autres personnages, ceux-ci sont désignés par la troisième personne.
Ex. Je (locuteur) te (récepteur) rappelle, Paul (récepteur), qu’elle doit passer chez toi (récepteur).
L’inscription de l’énoncé dans le temps est indiquée par des CC de temps, par des adverbes de temps et par les temps des verbes.
Le présent de l’indicatif est le temps de référence, qui correspond au moment de l’énonciation, c’est-à-dire au moment où l’énoncé est produit. Ex. Je ne peux pas venir aujourd’hui.
Les autres temps signalent des événements antérieurs ou postérieurs (passé composé, imparfait, futur) au moment de l’énonciation.
Ex. Tu veux dire (présent) qu’elle a menti (passé) et qu’elle ne viendra (futur) pas ?
Le registre de langue est généralement courant. Il dépend des personnes et de leurs rapports.
Ex. Voilà qui est bien fait pour toi.

2. Le dialogue dans le récit

Son ami lui souffla des conseils de l’autre côté du mur.
Étends-toi et fais le mort. Voilà ! Mets-toi sur le dos, les pattes en l’air. Très bien ! Ne bouge plus !
Ah-ah-ah ! rugit le fermier en colère, voyant le loup. Alors, tu croyais pouvoir me voler mes raisins ? et bien, je t’ai attrapé ! Mais de quoi, de quoi ? tu es mort ? tu en as trop mangé ? Voilà qui est bien fait pour toi. Mais je ne veux pas de loup mort dans mon jardin.

Lire aussi :  Les mots de liaisons, les mots de liaison, mots liaison, adverbes

Rabah BELAMRI, Contes d’Algérie, Castor Poche Flammarion.

1. Quel signe typographique introduit les paroles des interlocuteurs ?

2. Comment sait-on qui prononce chaque réplique et de quelle manière il la prononce ?

3. La phrase « rugit le fermier en colère » appartient-elle au récit ou au dialogue ? Justifiez votre réponse. À quel temps est conjugué « rugit » ? Où est placé le sujet ? Par quel signe de ponctuation ce passage est-il séparé des paroles prononcées par le fermier ?

4. Quels mots expriment la vivacité des paroles et rendent le dialogue « vivant » ?

a. Mise au point

Dans un récit, le dialogue rapporte directement les paroles échangées entre les personnages : il s’agit du discours direct. Le dialogue rompt la monotonie du récit en donnant la parole aux personnages.
Le dialogue se distingue du récit par des indices graphiques :
– le passage à la ligne et un tiret indiquent le changement de locuteur ;
– des guillemets peuvent encadrer le dialogue ;
– la ponctuation sépare le récit des répliques.
Les répliques du dialogue rapporté peuvent être :
– précédées par une proposition contenant du verbe introducteur suivi d’un deux-points ( : ).
Ex. Il chuchota : « Qui t’a dit cela ? »
– coupées ou suivies par une proposition incise qui donne des informations sur le locuteur.
Le sujet est alors inversé. Ex. « Qui t’a dit cela ? chuchota-t-il. »
Ces propositions incises appartiennent au récit. Elles sont séparées des répliques par un signe de ponctuation.
Le type de phrases employées et les interjections permettent de reproduire le ton sur lequel ont été prononcées les paroles.
Ex. La surprise : Non ? Ce n’est pas vrai ? L’agacement : Oh non ! Ce n’est pas vrai …
Le doute : Comment ? Qu’est-ce que tu dis ? Etc.

3. EXERCICES

a. Le dialogue

1. Repérer les différents interlocuteurs de ce dialogue.
Combien sont-ils ? Précisez ce que chacun dit.

Le voleur de chapeaux
Tout était silencieux dans l’appartement. Soudain on entendit une toux discrète.
« Bonjour, dit une voix, je ne vous ai pas encore salués. Permettez-moi de me présenter. J’appartenais à un magicien et j’ai été volé ce matin dans le vestiaire d’un restaurant. C’était le haut-de-forme qui parlait.
– Volé dans un vestiaire ? s’indigna un chapeau melon. C’est tout à fait choquant.
– C’était un bon restaurant ? demanda une toque de cuisinier.
– Je ne sais si mon maître a été satisfait de son repas, répondit le haut-de-forme. […]
– Il est étonnant que vous n’ayez point été dérobé de la même façon que nous, remarqua le chapeau melon. »

Lire aussi :  L’indicatif

Jean-François MÉNARD, Le Voleur de chapeaux,
Folio Junior, Gallimard.

2. Dites si ces phrases sont extraites d’un récit ou d’un dialogue. Justifiez vos réponses (temps, indices de temps ou de lieux, registre de langue, pronom).

1. Eh bien ! As-tu exécuté mes ordres ?
2. Dès qu’il aperçut Haroun, Khaîzouran se précipita vers lui.
3. Tout se passa dans un profond silence comme la veille.
4. Demain, tu iras chercher le trésor dans la caverne.
5. Tu me casses les pieds, disparais de la circulation.
6. Le prince le remercia et lui remit une cassette pleine d’or
7. Non, tu dois mourir ! ici !

3. Lisez cet extrait puis répondez aux questions.

Un jour, le roi attrapa une maladie qu’aucun médecin ne sut soigner. Tout le palais se désolait de cette situation tragique, quand une servante déclara qu’il existait une solution. On la fit venir au chevet du roi.
Majesté, dit-elle, j’ai entendu parler d’un djinn qui peut guérir toutes les maladies.
Sais-tuil habite ?
Dans une montagne, au nord du royaume, expliqua-t-elle.
Les deux fils aînés proposèrent de se rendre chez ce djinn.
Nous aurons probablement besoin d’un grand sac de pièces d’or pour obtenir le remède, dirent-ils à leur père.

Jean MUZI, Mille Ans de contes arabes, Milan.

a. Qui est désigné par les pronoms personnels soulignés ?

b. Quels temps sont employés dans les paroles rapportées directement ? Justifiez leur emploi.

c. À quel temps le récit est-il écrit ?

b. Le dialogue dans le récit

4. Dans ce texte, toutes les phrases ont été mises bout à bout et les indices graphiques du dialogue ont été supprimés. Réécrivez-le en le présentant correctement (passage à la ligne, ponctuation, tirets, etc.).

La marmite
Trois frères rendirent visite à un ami cuisinier. Celui-ci faisait cuire de la viande dans une marmite. Un des frères en prit un morceau et le mangea. La marmite a besoin de sel dit-il. Le deuxième frère goûta aussi à la viande. La marmite a besoin de poivre conseilla-t-il. Le troisième frère imita les deux autres. La marmite manque d’épices fit-il remarquer. Alors le cuisinier prit à son tour un morceau et le mangea. La marmite a besoin de viande dit-il. Les trois frères sourirent et s’en allèrent.

Lire aussi :  Reprise nominale exemple, reprise nominale et pronominale, pronom

Jean MUZI, Mille Ans de contes arabes, Milan.

5. Lisez ce texte, puis répondez aux questions.

Le lendemain, Sherlock Yack découvre le cerf écrasé au bas du grand rocher :
– Quel horrible accident ! s’exclame-t-il.
– Nous l’aimions tous ! se lamentent l’élan, le chamois et le chevreuil.
– Et moi, je l’aimais par-dessus tout ! pleure la biche.
– Il est tombé de là-haut, grommelle Sherlock Yack. Je vais grimper pour examiner les lieux.

Michel AMELIN, « Biche, Ô ma biche », Astrapi N 514
Bayard Presse.

a. Recopiez ce texte. Soulignez en rouge les répliques du dialogue et en noir les phrases du récit.

b. Relevez les verbes rapportant les paroles.
Quelles indications vous donnent-ils ?

c. Réécrivez la partie récit au passé simple.

6. Complétez cet extrait avec les verbes introducteurs qui ont été supprimés. Les voici dans le désordre :
S’exclama – hurla – s’écria- gémit.
Justifiez votre choix.

Mélinotte travaillait tant qu’un jour elle tomba malade.
Madame Piteboule, furieuse de ne pas la voir dans la cuisine, entra dans sa chambre.
Que faites-vous encore au lit, fainéante ! Allez, au travail ! madame Piteboule.
Oh ! Ne parlez pas si fort ! j’ai mal à la tête, Mélinotte.
Madame Piteboule mit alors machinalement sa main sur le front de Mélinotte et  :
Mon dieu, mais c’est vrai. Vous avez une fièvre de cheval.
Aussitôt, Mélinotte disparut []
Nom d’un louis d’or ! Quelle est cette sorcellerie ? madame Piteboule.

Florence DUCRUT-ROSSET, « Une bonne en or »,
Astrapi N 496, Bayard Presse.

7. Écrivez la suite de ce conte.

La capture du feu
Alors, le Coyote dit qu’il devait allez jusqu’à la montagne brûlante, et rapporter le feu à son peuple.
Qu’est-ce que le feu ? demanda le jeune Indien.

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