Dans les langues comportant un système de déclinaison, le datif est, entre autre, le cas &affecté à un constituant qui présente les propriétés suivantes :  a) il s’agit de l’un des deux compléments qui apparaissent avec des verbes exprimant une notion de « transfert » ou d’«attribution » comme donner, offrir, dire, etc.;  b) alors que leur complément d’objet (normalement porteur du cas accusatif) représente l’entité transférée, le constituant porteur du cas datif est l’être animé qui représente le destinataire de cet acte de transfert. Le datif existait en latin. Il ne subsiste plus morphologiquement en français que dans l’indéfini autrui, de alterui, datif de alter en latin vulgaire.

Dans une langue comme le français, qui ignore la déclinaison, ce type de complément correspond à un syntagme prépositionnel introduit par à (exemple, prêter quelque chose à quelqu’un) qui se place généralement après le complément d’objet. La seule trace de flexion que l’on puisse lui associer est la forme atone du pronom lui-leur, par exemple, il le lui donne.

En proposant le terme de complément d’attribution, les grammaires traditionnelles ont voulu imposer l’idée d’un parallélisme entre ces syntagmes et les constituants porteurs du cas datif dans des langues comme le latin ou l’allemand ; si cette notion a quelque utilité lors de l’initiation aux exercices de thème, elle ne peut être que trompeuse sur le plan de la description du français : de nombreux syntagmes prépositionnels introduits par à, compléments d’un verbe qui admet également un objet direct, ne comportent pas la moindre idée d’attribution : on a confisqué le ballon aux élèves ; j’ai ôté son chapeau à Paul. C’est pourquoi, on préfère parler, dans ce cas, de complément d’objet second.

DATIF (CAS PROFOND)

En grammaire de cas, rôle sémantique assumé par l’être animé affecté par l’action ou l’état décrit par le verbe ; lorsqu’il s’agit d’état psychologique, on parle plutôt d’experiencer.

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