La notion de connotation recouvre divers phénomènes qu’il est difficile de systématiser étant donné la diversité des points de vue qu’il est possible d’adopter.

Dans son acception la plus courante, le terme de connotation renvoie à des effets de signification que l’on peut considérer comme « seconds » par rapport à la dénotation qui, elle, est premières et par définition stable (elle constitue le garant du contenu conceptuel — ou cognitif — qui structure le lexique). Un même type d’objet ou d’action peut ainsi être désigné par différentes expressions : je rentre chez moi/à la maison/dans mes foyers/au bercail/ à la baraque… ; je rejoins mes pénates/mes appartements, etc., peuvent avoir exactement le même contenu conceptuel (c’est-à-dire la même dénotation) ; en revanche le choix (volontaire ou non) de l’une ou l’autre d’entre elles pourra renseigner l’interlocuteur sur l’origine sociale, régionale, le niveau culturel du locuteur (on parle, dans ce cas, de surdétermination) aussi bien que sur l’attitude que celui-ci manifeste à son égard (distance, indifférence, familiarité, etc.). Autrement dit, les signifiés de connotation ressortissent tout autant à un système de valeurs résultant de la prise en charge socioculturelle du lexique par la communauté linguistique tout entière (les dictionnaires tentent d’en rendre compte avec des appréciations du genre familier, populaire, archaïque, recherché, etc.) qu’à des processus de type énonciatif. Dans cette seconde perspective, l’interprétation connotative ne résulte pas seulement d’une surdétermination attachée aux expressions X ou Y, mais aussi et surtout du fait même qu’un locuteur L, dans une situation S, a effectivement utilisé X ou Y. (Il est à noter également que la part de convention est, ici difficile à estimer, les effets d’ordre connotatif étant par définition ouverts et relativement instables : ils dépendent de mécanismes associatifs qui sont susceptibles de varier d’un groupe à l’autre, voire d’un individu à l’autre).

On remarquera en outre, premièrement, que les signifiants de la connotation ne coïncident pas nécessairement avec ceux de la dénotation : une intonation ou une prononciation particulière, une forme syntaxique (archaïque, affecté, négligée ou elliptique), la structure même d’un discours peuvent devenir pertinentes sur le plan connotatif et, deuxièmement, que d’autres systèmes sémiotiques, comme ceux des attitudes physique (la gestuelle, les mimiques), comme le langage de »s images (voir à ce propos le parti qu’en tire la publicité) sont tout aussi ouverts à des interprétations de type connotatif que l’usage de la langue naturelle.

Au niveau formel, le langage de connotation est considéré comme le résultat de l’association d’un signifiant qui est constitué par le signe linguistique destiné à l’usage dénotatif (signifiant-signifié) et d’un signifié dérivé ou second.

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