Certains segments du discours ne peuvent être compris que si l’on prend en compte la relation qu’ils entretiennent avec d’autres segments qui sont apparus antérieurement ; cette relation est dite anaphorique ; l’antécédent ou l’anaphorisé peut avoir des dimensions variables : mots, groupes de mots, phrases, succession de phrases. Dans les cas les plus simple, l’anaphorisant est représenté par un morphème grammatical qui joue le rôle de substitut (pronom) ou qui permet la reprise (démonstratif) : Paul est mécontent, il s’en va ; Il était une fois un chien. Ce chien, … (ce qui permet notamment de distinguer l’emploi anaphorique du démonstratif de son emploi déictique où le référent qu’il introduit est présent dans la situation extralinguistique) ; on parle dans ce cas d’anaphore grammaticale.

Mais la relation anaphorique recouvre également des phénomènes plus ou moins complexes qui impliquent une analyse du sens des éléments concernés ; ainsi, dans nous avions perdu notre chat, nous avons longtemps cherché avant de le retrouver. L’aventure s’est bien terminée, le syntagme l’aventure reprend l’ensemble de la phrase antérieure grâce à un processus de condensation. De même, l’anaphore peut être indirecte et exiger le recours à une série d’inférences fondées sur un savoir partagé ; l’interprétation de le portrait de Marcel est raté, les yeux sont flous fait appel à des propositions comme : tout portrait représente un visage, tout visage comporte deux yeux … afin de récupérer la totalité de l’anaphorisant : les yeux du visage de Marcel ; il s’agit alors d’anaphores sémantiques.

Lorsque le substitut précède l’élément qu’il représente, on parle de cataphore : Elle est encore en retard, Sylvie ; son cri rend le corbeau antipathique.

ANAPHORIQUE

Les éléments anaphoriques sont ceux qui représentent, par anaphore, un élément antécédent du contexte.

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