Dissertation Méthodes et conseils pratiques

Si vous avez étudié attentivement la méthode exposée dans la première partie et les remarques qui accompagnent nos développements, vous savez maintenant composer et rédiger une dissertation. Pour vous permettre de les assimiler sans effort, toutes les notions nécessaires vous ont été données progressivement et chaque exercice nouveau vous a mis en présence d’une nouvelle difficulté que vous avez appris à résoudre à l’aide d’un cas concret. Mais il reste à rassembler ces vues fragmentaires et à voir comment vous devez les utiliser à chaque stade de la mise en œuvre. Cet exposé d’ensemble comporte des renvois aux diverses remarques présentées en ordre dispersé dans ce blog ; aussi vous y trouverez, en même temps qu’une table générale, l’occasion indispensable d’une récapitulation de vos connaissances.

LE CHOIX ET LA COMPRÉHENSION DU SUJET

Si plusieurs sujets vous sont proposés, ne vous pressez pas de choisir. Vous avez trop peu de temps à votre disposition pour vous permettre d’aller trop vite ! Dites-vous bien qu’une fois que votre décision sera prise, elle devra être définitive. Vous raviser au bout d’une heure et repartir alors à zéro sur un nouveau sujet serait une catastrophe.

COMMENT FIXER VOTRE CHOIX ?

I. En procédant par élimination

Appliquez-vous d’abord, non pas à découvrir le sujet qui vous convient, mais à écarter sur-le-champ les sujet qui ne vous conviennent pas. Rejetez sans hésitation ceux sur lesquels vos connaissances sont insuffisantes et ceux qui sont rédigés en termes ambigus. Sur les premiers vous vous trouveriez rapidement à court, sur les seconds vous risqueriez d’interpréter à contre-sens et de traiter une autre question que la question posée.

II. En exploitant méthodiquement les indications fournies par les termes du sujet choisi

Cette élimination achevée, vous vous êtes orienté vers un sujet qui vous a paru clairement exprimé et sur lequel vous êtes documenté.

a) Pesez-en soigneusement les mots essentiels pour éviter toute imprécision et toute équivoque.

Voir Grandes lignes des sujets de dissertation : premier sujet sur La Bruyère, sujet sur Voltaire et Rousseau, premier sujet sur Alfred de Musset.

b) S’il s’agit d’une citation, elle peut-être accompagnée d’un commentaire qui en précise le sens et parfois en restreint la portée et l’application. Ne sautez pas à pieds joints par-dessus ce commentaire, mais laissez-vous guider au contraire par les indications qu’il vous donne.

Voir Grandes lignes des sujets de dissertation : troisième sujet sur Racine et le sujet sur le Romantisme

c) La citation ne comporte pas de commentaire explicatif ? Alors prêtez une attention particulière aux mots qui l’annoncent. Le plus souvent on vous demande de « justifier » ou « d’expliquer » un jugement. Cela veut dire que l’on s’attend à vous voir abonder dans le sens de ce jugement. Il est prudent dans ce cas de ne pas en prendre le contre-pied. Parfois on vous demande de « discuter » une opinion, de dire « ce que vous pensez » d’une affirmation. On vous invite alors à exposer : Iº la part de vérité ; 2º la part d’erreur de cette affirmation.

Voir Grandes lignes des sujets de dissertation : deuxième sujet sur La Fontaine et le premier sujet sur Lamartine

d) Êtes-vous convaincus de n’avoir rien laissé dans le vague ? Vous avez un excellent moyen de vérifier cette conviction. Efforcez-vous de traduire en termes personnels, aussi précis que possibles, la ou les questions posées. Si vous y parvenez sans trop de peine, la preuve est faite. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, disait Boileau.

Voir le sujet le premier sujet de dissertation sur Molière, Grandes lignes et Remarque 2

e) L’énoncé peut vous indiquer plusieurs points à traiter. Tantôt il les exprime clairement et séparément. Dans ce cas, pas de difficultés.

Voir Grandes lignes du premier sujet sur Corneille

Tantôt, surtout quand la dissertation porte sur une citation, ces divers points se trouvent englobés dans le déroulement d’une seule phrase. Ils sont seulement suggérés, l’un par un membre de phrase, l’autre par la valeur expressive d’une épithète ou d’un adverbe. Plus que jamais vous devez peser les mots, analyser les nuances, dissocier les points de vue qui vous sont offerts étroitement solidaires. Évitez ce double écueil : passer à côté d’une nuance riche de portée ou au contraire « chercher la petite bête » et vous ingénier à faire dire aux mots plus qu’ils ne contiennent. La finesse ici doit être tempérée par le bon sens.

Voir Grandes lignes des sujets de dissertation sur : Balzac, le Lyrisme, premier sujet sur l’Histoire

L’ÉTABLISSEMENT DU PLAN

I. Les grandes lignes

Deux cas à considérer.

1º LES TERMES DE L’ÉNONCÉ VOUS METTENT SUR LA VOIE DES GRANDES LIGNES DU PLAN.

Tantôt (cf. plus haut II, et les Grandes lignes des sujets sur : deuxième sujet sur Racine, deuxième sujet sur Victor Hugo, deuxième sujet sur Vigny) ils vous indiquent ou vous suggèrent plusieurs points à traiter. Posez ces différents points qui formeront l’ossature de votre plan.

Tantôt ils n’expriment qu’une idée essentielle, mais ils vous invitent à la discuter (voir plus haut, II, c et les Grandes lignes du premier sujet sur Lamartine). Cela fera l’objet de deux points successifs : part de vérité, part d’erreur.

2º LES TERMES DE L’ÉNONCÉ NE VOUS SUGGÈRENT PAS DE PLAN.

Ils se contentent de vous indiquer une idée essentielle. Il vous appartient donc de découvrir vous-même ces grandes lignes.

a) Le plus souvent elles vous viendront aisément à l’esprit par le secours de votre culture. En effet, tout sujet vous invite à examiner, à propos d’une œuvre ou d’un auteur particulier, un problème. Or, le plus souvent, vous avez déjà eu l’occasion d’étudier ce problème à propos d’une autre œuvre ou d’un autre auteur. Vous en connaissez donc les éléments essentiels et vous allez les utiliser.

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Ainsi, on vous demande d’illustrer ce jugement de Nisard : « Le recueil [des fables] de La Fontaine est un théâtre.» Or il se trouve que le problème de technique théâtrale que pose ce sujet a déjà été envisagé par vous à propos de Corneille et de Racine, et vous aviez successivement chez l’un et chez l’autre : l’intrigue, les personnages, le style. Vous vous avisez que les mêmes divisions sont susceptibles d’être utilisées dans le cas de La Fontaine. Voilà les grandes lignes dégagées (cf. Méthode, chap. II, « une dissertation portant sur un sujet technique » : le problème général).

Est-ce à dire que ces grandes divisions soient définitives ? ¾ Assurément non. Il s’agit d’un plan de recherches que vous serez sans doute amené à modifier au contact des textes. Ainsi vous vous avisez promptement que le décor est un élément important dans les fables de La Fontaine. Une nouvelle division s’ouvre dans votre plan, que vous n’aviez pas primitivement prévue.

En outre, ces éléments, que vous retrouvez dans les pièces de théâtre, n’offrent pas de l’une à l’autre les mêmes caractères. Ainsi l’intrigue peut être rapide ou languissante, simple ou complexe, les personnages naturels ou invraisemblables, etc… C’est encore au contact des textes que vous pourrez découvrir les qualités propres à cette intrigue ou à ces personnages. Mais votre expérience vous aura guidé en vous suggérant un certain nombre de caractères possibles, entre lesquels il conviendra de choisir 1.

1 Sur les éléments qu’il convient d’étudier dans les œuvres propos de tel ou tel problème général, sur les caractères différents que peuvent présenter ces éléments, vous trouverez des indications dans nos dissertations ainsi que dans les conseils et les remarques qui les accompagnent. Ainsi pour le Théâtre vous pourrez en particulier confronter les dissertations sur Racine (le deuxième sujet sur la dissertation sur Racine, dissertation sur Marivaux et le deuxième sujet de dissertation sur Victor Hugo). Pour la Comédie vous consulterez le deuxième sujet de dissertation sur Molière (Grandes lignes et Remarques). Pour le Lyrisme, vous relirez le deuxième sujet de dissertation sur Ronsard (Grandes lignes), dissertation sur Chateaubriand (Remarque I), dissertation sur le Romantisme (Grandes lignes et Développement) et surtout le sujet général sur ce problème qui figure dans la fin de l’ouvrage. Pour la lettre reportez-vous à la dissertation sur Madame de Sévigné (Remarque I). Pour l’Histoire, voyez le troisième sujet de dissertation sur Racine (Remarque I) ; dissertation sur Bossuet (Remarque) ; le premier et le deuxième sujet de dissertation sur Voltaire et la dissertation sur le problème historique dans le premier sujet de la dissertation sur l’Histoire.

b) Parfois votre culture générale ne vous offre pas de secours immédiat.

Alors, cherchez des exemples à l’appui de cette seule idée essentielle que vous indique le sujet. Classez-les. Ces groupes ainsi constitués illustrent respectivement des aspects différents de l’idée qui domine l’ensemble. Chacun de ces aspects vous fournira une idée secondaire qui commandera une partie de votre exposé. Les grandes lignes de votre plan se trouvent établies.

Voir Grandes lignes et Développement du deuxième sujet sur la dissertation sur Corneille, et les Grandes lignes du premier sujet sur la dissertation sur Racine. qui vous offrent deux cas de plans établis selon cette méthode. Le premier, d’application facile, se contente d’illustrer l’idée essentielle à l’aide de chaque groupe d’exemples, successivement. Le second, plus nuancé mais d’application plus délicate, dégage à propos des différents groupes des aspects différents de l’idée essentielle et observe de l’un à l’autre une gradation.

II. Le détail du plan

Il convient maintenant d’organiser, à l’intérieur de ces grandes lignes, le détail du plan. Visez avant tout à la clarté. Car tout à l’heure, lorsque vous passerez à la rédaction, il faudra que vous puissiez vous retrouver sans tâtonnements dans les indications que vous aurez transcrites. La moindre confusion dans la présentation est une source de perte de temps et d’affolement. C’est pourquoi nous insistons sur certaines dispositions matérielles dont l’importance ne doit pas vous échapper. Deux cas à considérer.

1º  L’OSSATURE D’UNE SUITE DE PARAGRAPHES SIMPLES.

Inscrivez à gauche sur votre feuille, en ménageant de larges intervalles, les grandes lignes de l’exposé. En regard de chacune, notez les exemples qui s’y rapportent, non dans l’ordre capricieux où ils vous viennent à l’esprit, mais en les classant par affinités et selon un ordre progressif d’importance et d’intérêt. Il ne suffit pas de griffonner quelques rappels vagues ou une cascade de noms propres. Il faut encore que, sous une forme condensée, claire et déjà ordonnée, se trouve consigné l’essentiel de ce que développera votre dissertation. Autant dire que pour rédiger votre dissertation il ne vous restera plus, le plan fait, qu’à bâtir sur ce canevas des phrases correctes. Un plan de ce genre ne tient pas en quatre lignes. Il peut aisément remplir une page.

Voir, pour fixer vos idées, le premier sujet de dissertation sur Corneille, Grandes lignes. Vous confronterez avec fruit les indications qui y figurent avec le paragraphe I de la dissertation. Vous verrez le parti que vous pouvez tirer d’un plan convenablement étoffé, en vue de la rédaction définitive.

2º L’OSSATURE D’UNE SUITE DE PARAGRAPHES COMPLEXES.

Cette première disposition témoigne déjà de mérites suffisants d’ordre et de rigueur. Mais si vous bénéficiez d’une plus grande maîtrise, vous pourrez pousser plus loin votre effort. Le plan ainsi conçu offre le schéma d’une succession de paragraphes simples, comportant chacun une idée illustrée d’exemples. Vous pouvez vous attacher à faire de ces paragraphes simples des paragraphes complexes. Il vous suffira de dégager des idées intermédiaires exprimant des aspects particuliers de l’idée qui domine chaque paragraphe et s’appuyant chacune sur un groupe d’exemples. Comment procéderez-vous ? Vous utiliserez la méthode que vous avez déjà suivie pour découvrir les grandes lignes du plan quand elles ne vous étaient pas indiquées par l’énoncé. Vous partirez d’un classement méticuleux de vos exemples (voir au dessous, b, et chap. I de l’article « Un paragraphe rigoureux ») ou vous vous aiderez des éléments que vous fournit votre culture (cf. voir plus haut, a ; et Grandes lignes du sujet 44 ………………….), mais n’oubliez pas que ces éléments doivent être utilisés avec beaucoup de prudence et de souplesse (cf. le premier sujet de dissertation sur Madame de Sévigné, Remarque).

Lire aussi :  Dissertation : La politique des quotas

Nous vous conseillons en outre de vous reporter à la Méthode Chap. I, de l’article « Un paragraphe ordonné », où vous trouverez un exemple de présentation claire d’un plan de paragraphe complexe, sur la vanité de Monsieur Jourdain. Vous pourriez ensuite présenter à votre tour, sous forme de plan synoptique, les deux premières parties de la dissertation du quatrième sur Racine. (Cf. Remarque à la suite de cette dissertation.) Cet exercice d’application vous permettra de voir clairement la perspective des idées. Il constituera en même temps une gymnastique utile en vue de l’effort inverse que vous pratiquerez tout à l’heure : la rédaction de votre dissertation à partir d’un plan détaillé.

III. Les transitions

Une dissertation forme un ensemble. Toutes les grandes divisions sont solidaires et vous devez mettre en valeur leur interdépendance. C’est l’objet des transitions que vous établirez, une fois le plan achevé, avant de passer à la rédaction.

Il faut lier par le mouvement naturel de la pensée. Vous devez donc proscrire tout ce qui n’établit qu’un rapport factice entre deux parties successives de votre développement. Trop de candidats se contentent d’introduire une nouvelle partie par « en outre » ou « de plus », à moins qu’ils ne préfèrent une formule plus large et plus pompeuse : « Nous passons maintenant à un autre aspect du problème qui nous occupe. » Ils annoncent bien en effet qu’ils vont parler d’autre chose, mais ils ne montrent en aucune façon la relation qui unit ce nouveau point au précédent.

Vous vous appliquerez au contraire à exprimer dans votre transition un rapport logique entre deux idées :

a) Vous énoncerez un rapport de cause à effet : le point qui suit est une conséquence naturelle de celui qui précède.

Voir le quatrième sujet de la dissertation sur Corneille, Remarque I, et transition de II à III ; — Voir la dissertation sur Marivaux, Remarque I et toutes les transitions

b) Ou inversement vous montrez que tel point qui précède se justifie et s’éclaire par celui qui suit. Vous remontez alors de l’effet à la cause.

Voir le premier sujet de dissertation sur Molière, transition de I à II

c) Ou encore, vous montrez que le point qui précède exprime un moyen utilisé pour atteindre un but énoncé dans ce qui suit.

Voir le deuxième sujet de dissertation sur Ronsard, transition de II à III

d) L’expression du but peut aussi précéder celle du moyen.

Voir le troisième sujet de dissertation sur Molière, transition de I à II

LA RÉDACTION

I. L’Introduction et la Conclusion

Rédigez sur-le-champ l’Introduction et la Conclusion. Quand le plan est fait, l’une et l’autre sont plus qu’à moitié faites. Mais il faut pouvoir les rédiger avec soin et à loisir : ce sont elles qui donnent la clé de votre dissertation, c’est sur elles que se fondent la première et la dernière impression du correcteur.

L’INTRODUCTION doit expliquer le sens du sujet, mettre en valeur l’unité de votre dissertation et annoncer les grandes lignes du développement.

1er cas. — Le sujet vous offrait une idée essentielle à justifier. Or, pour vous convaincre que vous aviez parfaitement compris cette idée, vous avez pris soin de l’exprimer en une phrase personnelle.

Voir ci-dessus : le choix du sujet II, d

Transcrivez cette phrase en tête de l’Introduction pour montrer dans quel sens vous interprétez la question posée. Indiquez ensuite les grandes lignes du plan que vous venez de poser. Terminez par un rappel des termes mêmes du sujet.

Voir le premier sujet de dissertation sur Corneille, conseils (l’unité de la dissertation), et Remarque ; — Voir le premier sujet de dissertation sur Hugo

2e cas. — Le sujet vous offrait plusieurs idées à justifier successivement. Ce sont elles que vous avez exprimées en vos propres termes. Elles indiquent bien les grandes lignes du Développement. Mais il reste à mettre en valeur l’unité de votre dissertation. Il faut donc découvrir et énoncer une idée suffisamment large pour dominer l’ensemble. Vous la placerez en tête, vous la ferez suivre de votre interprétation personnelle des grandes lignes du Développement, vous terminerez par un rappel des termes du sujet.

Voir les remarques du premier sujet de dissertation sur Racine

LA CONCLUSION est un bilan et un élargissement.

a) Un bilan. — L’Introduction s’était bornée à orienter l’exposé, en esquissant à grands traits les lignes essentielles du plan. La Conclusion fait le point sur chacune d’elles, en précisant les résultats de l’enquête menée tout au long du Développement.

b) Un élargissement. — A partir des résultats de cette enquête, elle ouvre des perspectives plus vastes qui en rehaussent l’intérêt. Ainsi l’étude d’une tragédie de Racine peut nous amener à dégager des vues qui s’appliquent à la tragédie en général ou au genre théâtral. En d’autres termes, quand le sujet vous propose d’étudier, à propos d’une œuvre ou d’un écrivain, tel ou tel problème d’esthétique littéraire, votre conclusion s’efforce de montrer la contribution qu’apporte à la connaissance de ce problème en général, l’étude du cas particulier de cette œuvre ou de cet écrivain.

Lire aussi :  Dissertation Alfred de Vigny

Voir, pour les élargissements possibles, le premier sujet de dissertation sur Marivaux, Remarque 3

II. Le développement

1º LE STYLE.

Si votre plan est clairement présenté, suffisamment étoffé, la rédaction vous sera facile. Mais il conviendra néanmoins d’observer quelques principes essentiels.

Mettez clairement en valeur dans votre dissertation rédigée les qualités d’ordre dont témoigne votre plan. Sans doute est-il superflu de vous rappeler que vous devez aller à la ligne chaque fois que vous abordez une nouvelle division essentielle. A l’intérieur de chaque partie la perspective des idées offerte par leplan, grâce au système d’accolades que vous avez adopté, est parfaitement claire du premier coup d’œil. Il faut qu’elle reste claire dans la rédaction. Il suffit pour cela d’observer rigoureusement l’ordre des préséances. En tête vous énoncez la transition. Avant de passer à un nouveau point essentiel il faut montrer comment ce point se rattache au précédent. Immédiatement après, vous énoncez l’idée essentielle qui domine l’ensemble du paragraphe. Puis vous exprimez la première idée secondaire, suivie de son cortège d’exemples. Vous passez ensuite à la seconde idée secondaire en faisant figurer après elle le groupe d’exemples qui l’illustre et ainsi de suite jusqu’à la fin du paragraphe. Vous aurez avantage à terminer les plus importants de vos paragraphes par une formule qui en résumera d’une manière courte et frappante le contenu essentiel.

Appliquez-vous à être rigoureux et nuancé dans l’expression. La rigueur se manifeste d’abord, comme nous venons de le voir, par la manière dont est souligné le lien qui unit un paragraphe à l’autre. D’où l’importance que nous avons attachée à la qualité de la transition. Mais elle se manifeste encore à l’intérieur d’un paragraphe par la manière dont vous ménagez le passage d’une idée secondaire à l’autre. Faites-le sans longueurs. L’importance d’une transition doit être à l’échelle de l’idée qu’elle amène. Et puisque vous avez, en esquissant votre plan, établi une progression croissante d’importance d’un point à un autre, soulignez à chaque fois cette progression par une courte phrase — ou par un membre de phrase — ou simplement par une particule de liaison, judicieusement choisie. Ainsi vous rendrez compte de la cohérence parfaite de votre exposé jusque dans le détail.

Voir Remarque 2 du premier sujet de dissertation sur Mme de Sévigné

Être rigoureux, c’est encore savoir exploiter les exemples dans le sens de l’idée à démontrer, en mettant en valeur tous les détails qui concourent à son illustration et en éliminant impitoyablement les autres.

Voir les remarques du premier sujet de dissertation sur Racine

Être rigoureux c’est enfin exprimer exactement ce que l’on veut dire. Trop d’affirmations, justes en elles-mêmes, se trouvent trahies par une expression inadéquate. Aussi chemin faisant, au fur et à mesure que vous écrivez, exercez un contrôle minutieux, efforcez-vous de découvrir quelles critiques ou quelles réserves votre correcteur pourrait formuler. Vous verrez que ces critiques tomberont d’elles-mêmes, si vous faites la chasse aux termes impropres, si vous corrigez par une épithète bien choisie le caractère trop absolu d’une formule, si, par un membre de phrase complémentaire, vous restreignez la portée d’une affirmation.

Voir chapitre I, « Un paragraphe nuancé »

2º LA LANGUE.

Un dernier mot sur la correction. Beaucoup de copies honnêtes par ailleurs, sont gâtées par des fautes d’orthographe, des fautes de syntaxe, des expressions lourdes et maladroites. Comme ce sont toujours les mêmes qui se retrouvent d’une copie à l’autre, nous jugeons utile de vous les signaler brièvement.

a) Fautes d’orthographe.

Les noms propres :
— On trouve :

Beaudelaire pour Baudelaire ;
Lecomte de Lisle pour Leconte de Lisle ;
Stendalh pour Stendhal.
Nicodéme pour Nicomède ;
Phyrrus pour Pyrrhus ;
Philaminthe pour Philaminte ;
Amphytrion pour Amphitryon.

Les noms communs :

— On écrit : language pour langage (par confusion avec l’orthographe anglaise) ; divaguations pour divagations (sous l’influence du verbe « divaguer »).

— On parle de graduations de sentiments (les sentiments comportent des gradations. Les graduations sont réservées aux thermomètres).

— On redouble à tort certaines consonnes :
vraissemblable pour vraisemblable ;
rejetter pour rejeter ;
courrir pour courir.

— En revanche, on ne met qu’une consonne là où l’usage en réclame deux :
imédiatement pour immédiatement ;
persone pour personne.

b) Erreurs Portant sur la syntaxe

Il ne saurait être question de vous faire revoir tous les points délicats de la syntaxe. Nous nous contentons de vous signaler les erreurs les plus courantes, en vous invitant à vous reporter à une grammaire où vous étudierez les règles correspondantes.

— Confusion entre l’infinitif et le participe :
II veut écouté pour Il veut écouter.
Mais :
II a écouter pour Il a écouté.

— Méconnaissance des règles d’accord du participe passé.

— Emploi incorrect de l’indicatif au lieu du subjonctif, le plus souvent dans les subordonnées concessives (après bien que, quoique, etc )

Enfin n’oubliez pas que les adjectifs possessifs doivent avoir la même personne que les pronoms auxquels ils renvoient. Dites : « Il faut se fier à ses amis » ou : « Nous devons nous fier à nos amis. » Mais ne dites jamais : « Il faut se fier à nos amis.»

c) Tournures incorrectes

N’écrivez pas…Mais écrivez…
Il s’en rappelleIl s’en souvient ou il se le rappelle
Il préfère mourir que de trahirIl aime mieux mourir que trahir
SolutionnerRésoudre
Malgré queBien que
Dans le but deDans l’intention de
Par contreEn revanche
De manière ce queDe manière que
Vis-à-vis deA l’égard de
Baser surFonder sur
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