Déterminant

Déterminant

On réserve aujourd’hui le terme déterminant à un ensemble de morphème dont le rôle essentiel est de permettre l’introduction du nom dans le discours. Le caractère indispensable du déterminant est reflété, en grammaire générative, par le fait qu’il représente un constituant obligatoire dans la règle de réécriture du syntagme nominal : SN ® Dét + N. Placé devant le nom, il lui emprunte ses marques de genre et de nombre. Deux sous-ensembles sont à distinguer :  a) les déterminants qui ne peuvent se combiner entre eux : il s’agit des articles, des adjectifs démonstratifs, des adjectifs possessifs (le/ce/mon livre) et  b) ceux qui, pouvant être employés seuls (à quelques exceptions près) autorisent divers types de combinaisons, à la fois avec les précédents et entre eux : ce sont les adjectifs numéraux et les adjectifs indéfinis : deux élèves, quelques élèves, les deux premiers élèves, tous les autres élèves, etc. Enfin, sont parfois considérés comme déterminants les adjectifs interrogatifs (quel élève ?) et les adjectifs exclamatifs (quel temps !).

Outre leur rôle d’« actualisation » du nom, les différents types de déterminants sont porteurs de valeurs spécifiques ; celles-ci sont décrites dans les articles particuliers qui leur sont consacrés.

Déterminatif

1. La grammaire traditionnelle utilisait fréquemment le terme adjectif déterminatif pour les éléments étudiés ici sous le nom de déterminants.

2. On a parfois donné le nom de complément déterminatif à l’ensemble des compléments autres que les compléments d’objet.

Détermination

1. Dans un sens étroit, communément admis aujourd’hui, la détermination désigne le mode d’introduction d’un nom dans le discours par un morphème qui le précède obligatoirement, le déterminant (voir en haut). Il peut s’agir d’un article, d’un adjectif démonstratif, possessif ou indéfini ou de diverses combinaisons de certains d’entre eux : cet ami ; mon ami ; plusieurs amis ; un de mes amis ; tous mes amis, etc.

Cette notion restrictive entre toutefois en concurrence avec trois autres acceptions — aux limites assez floues — que l’on rencontre encore dans le contexte de la grammaire traditionnelle ; les divers chevauchements catégoriels qu’elles ont susceptibles d’entraîner font que l’on a tendance à éviter d’y recourir.

2. Ainsi, il est possible de dire qu’un nom est plus ou moins « déterminé » : dans le/ce/mon chien est dans le jardin, chien peut être considéré comme parfaitement déterminé, alors que dans le/un chien est quadrupède, chien ne désigne pas un individu particulier, il est totalement indéterminé (il s’agit de l’interprétation dite générique. On admet toutefois, qu’entre ces ceux cas extrêmes, un chien dans un chien aboyait dans la nuit, désigne, malgré tout, un individu particulier, mais que le locuteur n’est pas à même d’identifier ; l’indétermination n’est alors que partielle.

3. Il est possible, également, de décrire divers composants du syntagme nominal comme responsables d’une détermination. C’est le cas des adjectifs qualificatifs, des noms compléments ou des propositions relatives. Dans le chien noir et blanc/du voisin/que vous m’avez donné, les constituants postnominaux peuvent être considérés comme participant à la détermination du nom chien — d’où l’opposition entre épithète (adjectif ou proposition) déterminative et appositive : le chien fidèle est attaché à son maître/ le chien, fidèle, est attaché à son maître.

4. Enfin, on peut, dans un sens très large, parler de détermination à propos de la plupart des éléments ayant pour fonction de modifier ou de compléter un élément quelconque considéré comme une constante. Ainsi, dans demain, nous partirons en voiture, l’adverbe demain assume une relation de détermination à l’égard de la phrase tout entière et le syntagme prépositionnel en voiture, une relation de détermination à l’égard du verbe partirons.

Article précédentDétachement
Article suivantDéverbal